Bruno Lachesnaie (photo), directeur de l’Action sanitaire et sociale et des services aux personnes à la Caisse Centrale de la MSA, revient sur les origines du concours le Pré Vert et nous explique pourquoi la MSA a imaginé cette opération qui vise à créer une nouvelle dynamique en milieu rural.
Comment est née l'idée du Pré Vert ?
Bruno Lachesnaie : C’est au moment où la MSA a redéfini ses principales orientations en matière d'action sociale. Il nous semblait prioritaire d'adresser un message en direction des jeunes, et en particulier ceux du milieu rural, pour leur dire que notre société vieillissante, avec l’allongement de l'espérance de vie qu’elle connaît, ne les oubliait pas. Notre volonté, c’était de leur permettre de s'exprimer dans un sens positif en participant à la vie collective et aux réponses aux enjeux de vie des territoires.
Pourquoi organiser ce concours dans les collèges ?
B.L. : les collèges en milieu rural constituent un lieu particulièrement privilégié, c'est bien évidemment avant tout un lieu d'enseignement, mais aussi de vie sociale, de vie collective, un lieu où se jouent des engagements potentiels dans la vie sociale locale.
Pour la MSA, il s'agit d'un véritable accompagnement des collégiens à travers leur développement, leur ouverture aux autres ?
B.L. : Beaucoup de jeunes témoignent du fait que participer à des projets collectifs, comme "Le Pré Vert", est une expérience qui aide à franchir les obstacles, les étapes. C'est une expérience individuelle et collective qui permet la maturation vers l'âge adulte.
Pour vous, la thématique du volontariat est porteuse pour ces jeunes ?
B.L. : Absolument, c'est une manière d'envisager l'ouverture au monde et à l'autre pour recevoir le message de la différence, de l'altérité, mais aussi pour s'engager, dans ce que l'on pense être les grands enjeux de société , que ce soit au plan local dans le concret des relations de proximité ou sur un plan plus universel qui touche aux questions d'avenir de la société, deux niveaux qui sont souvent fortement imbriqués.
Sur un plan plus personnel, quelle image forte accepteriez-vous de partager avec nous ?
B.L. : J'ai été frappé, l'année dernière, des témoignages des enseignants qui accompagnaient quelques unes des classes lauréates et qui nous disaient : "cette classe est en réalité une classe de jeunes en très grande difficulté".
L'investissement des jeunes, avait gommé tous les stigmates que les difficultés peuvent faire porter. Pendant ce projet, cette classe s'était mise en mouvement, s’était projetée, ce qui avait permis à chacun de se sentir individuellement et collectivement impliqué dans un environnement positif et porteur.