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Les services à domicile (Bimsa 60 - janvier 2006)
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Allier emploi et proximité. Reportage en Charente-Maritime

Les services sont en plein développement en Charente-Maritime. Un enjeu important pour la MSA, sur le plan de l'emploi et de la réponse aux besoins des particuliers. Exemples ci-dessous.


© - Crédit : Thomas Bousquet

Même en congé de paternité, Sébastien passe régulièrement voir son troupeau. Il a confiance en David, qui le remplace sur l’exploitation (1), mais il faut bien donner des instructions pour la journée. Sébastien a eu un petit garçon en octobre 2005. Avec le concours de l’association AIDER 17, qui dépend du Groupe MSA de Charente-Maritime, il a défini la période la plus propice à son remplacement. AIDER 17 lui a rapidement fourni l’aide de David.
C’est la première fois que celui-ci s’occupe d’un élevage de bovins. « Je pensais que ce serait difficile, mais en fait non, constate-t-il. C’est ma première année à AIDER 17. J’ai passé quinze jours chez un viticulteur et, deux jours après, je suis venu ici. Je donne à manger aux bêtes, je renouvelle la paille régulièrement, je sors les petits veaux quand ils tètent. » Des animaux dont Sébastien est légitimement fier, lui qui participe à des concours de charolais et s’enorgueillit d’un titre de champion régional de manipulation de bovins.

 

La sécurité du quotidien
Comment le jeune papa utilise-t-il ses onze jours de congé ? Auprès de sa famille, bien sûr, mais la passion de son métier le rattrape jusque dans ses temps de loisirs. « C’est la saison des assemblées générales, des réunions, et pour une fois je peux aller à tout, tranquillement », se réjouit l’éleveur. Membre d’associations professionnelles, Sébastien apprécie d’être un peu plus disponible. En temps ordinaire, il lui est arrivé d’assurer lui-même le remplacement d’un exploitant, toujours par le biais de l’association départementale. En l’occurrence, il s’agissait de son cousin viticulteur et céréalier. « Son exploitation est située tout près de chez moi, et je savais ce qu’il fallait faire. J’ai été embauché par AIDER 17 pour le remplacer quand il s’est fait mal au genou. Je suis prêt à faire d’autres remplacements si mon emploi du temps le permet », affirme Sébastien. Aussi à l’aise dans le rôle de l’utilisateur que du prestataire.
Pour David, les missions de remplacement se succèdent, et d’autres propositions arrivent pour le début de l’année 2006. Cet emploi hivernal complète ses saisons de melons et d’asperges, entre juin et octobre. Une aubaine, car il s’est marié l’été dernier et a eu une petite fille en novembre. La sécurité du quotidien est mieux assurée. Et cela, quand on a vu arriver, la même année « une maison, un mariage, un bébé… », c’est important.

 

Des pensionnaires de 99 et 88 ans
À Jazennes, Laura, conseillère en économie sociale et familiale de la MSA, rend visite à Claudine et à ses deux pensionnaires. Elles s’appellent Suzanne et Gabrielle, respectivement 99 et 88 printemps. La plus jeune est la plus « ancienne » chez Claudine, puisqu’elle habite chez elle depuis plus de quatre ans, alors que son aînée est arrivée voici dix-huit mois. Claudine a passé le relais de son exploitation à son fils, et se consacre à cette activité d’accueil de personnes âgées pour laquelle elle a reçu l’agrément du Conseil général. C’est ce dernier qui fixe les conditions contractuelles d’hébergement, mais c’est le Groupe MSA qui lui a permis de renforcer ses compétences dans ce domaine d’activité. Claudine fait partie d’un GEDAR (Groupe d’études et de développement agricole et rural), dont la Fédération siège au sein de l’UES (Union d’économie sociale) Groupe MSA. Cette association s’adresse aux femmes du milieu rural, et promeut leur insertion professionnelle, leur permet de trouver leur place dans l’économie agricole tout en étant un lieu d’échange.
Dans ce cadre, Claudine a pu apporter son expérience et la confronter à celle d’autres stagiaires. Les personnes âgées, elle en a l’habitude : « il y en a toujours eu à la maison, affirme-t-elle. J’ai commencé par ma mère et ma grand-mère, aujourd’hui décédées. Gabrielle est arrivée après la fermeture de sa maison de retraite, et Suzanne par l’intermédiaire de son médecin traitant. Avant de les accueillir, je leur ai rendu visite plusieurs fois, nous avons longuement discuté. Il n’empêche qu’on a beaucoup à découvrir avec chaque personne, ce serait mieux de connaître son vécu avant. » Parler, discuter, donner du temps, un luxe que prodigue généreusement Claudine, respectueuse du rythme de ses deux pensionnaires. Et disponible 24 heures sur 24. Une activité exigeante, donc, mais qu’elle compte exercer le plus longtemps possible. Récompensée par le sourire malicieux de Suzanne, pour l’heure attablée devant le journal, le chat à côté d’elle.

 

Un service mais aussi un contact
Ailleurs dans le département, Michel, 85 ans, attend les repas préparés par le centre de restauration de l’hôpital de Saintes. L’association AIDER 17 en prend la livraison et les lui porte à domicile, aux Gonds. Michel ne tarit pas d’éloges sur ce service : « Je l’utilise chaque semaine depuis avril dernier, et j’aurais d’ailleurs dû le faire plus tôt ! La nourriture est parfaite, adaptée à mon régime – j’ai du diabète – et les personnes qui l’apportent sont très sympathiques. C’est une bonne organisation, on nous installe même les repas du week-end dans le frigo. » En toute simplicité, il fait la bise en saluant Sylvie dont la fourgonnette marquée du logo « portage de repas » vient d’entrer dans la cour. Livreuse et livré discutent un petit moment. Tous deux apprécient ces instants. « On se sent moins confiné chez soi », confie Michel. « J’aime le contact, reconnaît Sylvie, aussi bien avec le client qu’avec le bureau, c’est-à-dire les concepteurs des menus. » Lorsqu’elle livre toute une variété de repas répondant aux besoins de ses clients, Sylvie prend la suite d’une équipe de diététiciens, cuisiniers, et responsables de l’association AIDER 17 qui se réunissent régulièrement pour assurer la meilleure qualité aux adhérents du portage de repas. Quatre centres de restauration travaillent en partenariat avec l’association pour cette activité. Avec un cahier des charges rigoureux, qui va même au-delà des normes sanitaires habituelles et prend en compte les impératifs alimentaires divers, liés aux régimes, allergies, voire d’ordre religieux.
Toutes ces activités se font sur mesure, chaque individu étant reconnu avec ses besoins propres. Le service à la personne y apparaît comme une activité particulière : économique certes, mais en privilégiant la dimension humaine.


Thomas Bousquet


(1) Les services de remplacement ne sont pas éligibles aux avantages sociaux et fiscaux prévus dans le cadre des services à la personne (plan Borloo).

 

 

 

3 questions à… Michel Nadaud, directeur général du Groupe MSA de Charente-Maritime

 

 

Michel NADAUD, DG du Groupe MSA de Charente Maritime

Michel NADAUD

© CCMSA - Crédit: Thomas Bousquet

Bimsa : Vous avez fait des services à la personne votre objectif prioritaire pour les années à venir. Pourquoi ?
Michel Nadaud : C’est un élément clé de notre politique en faveur de l’emploi. Il y a un potentiel d’environ 1.000 emplois nouveaux dans ce domaine, en Charente-Maritime. Ils vont contribuer d’ailleurs à stabiliser le nombre de ressortissants de la MSA.

 

Bimsa : Avez-vous une estimation de l’impact de ces services sur l’emploi ?
M. N. : Une évaluation exacte est difficile, mais ils ont plus que maintenu l’emploi au sein du Groupe MSA. Sans ces services mis en place depuis plusieurs années, nos effectifs ne seraient certainement pas de 400 personnes.

 

 


Bimsa : Quelle évolution prévoyez-vous dans les mois à venir ?
M. N. : Notre stratégie sera d’aller directement au niveau des pays pour développer ces activités. Cela nous distinguera d’autres structures qui interviennent auprès des cantons ou des communes. Les pays disposent de crédits propres. En Saintonge, notamment, il existe un conseil de développement, qui comporte des commissions emploi, santé, logement et formation, auxquelles nous participons. Nous avons des projets d’intervention à ce niveau, par exemple en matière de santé et de précarité.

 

 

Une mosaïque d’activités
Une structure originale concentre l’essentiel des services à la personne proposés par le Groupe MSA de la Charente-Maritime, l’association AIDER 17. L’aide ménagère (portage de repas, travaux administratifs, assistance à domicile), les services de remplacement (liés à des congés, une maladie, un accident, une formation), et enfin la mise à disposition de personnel sont ses principales activités. Quelques chiffres donnent une idée de son développement : 1.843 utilisateurs, plus de 110.000 heures d’activités, 67 salariés à temps plein.

 

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